lundi 21 septembre 2015

Chapitre 4

 Le réveil sonna, illuminant la chambre sombre de lumière rouge et résonnant dans le crâne de Bruce Wayne. Il arrêta le son strident d'un coup sec et tourna la tête les yeux plissés. Neuf heures. Il avait mis son réveil à sept heures mais Alfred lui avait visiblement imposé quelques heures de sommeil en plus. Celui-ci frappait justement à la porte. Monsieur Wayne le fit entrer et le salua :

« - Merci Alfred, vous ne devriez pas me gâter autant .
- Il vous faut être reposé pour bien faire votre travail, Master. »

Le majordome avait une chemise particulièrement brillante et sa montre à gousset éblouissait l'homme de la nuit.
«- Je vous ai préparé votre petit-déjeuner dans votre bain, Monsieur. 
- Dans mon bain ? C'est un lieu peu conventionnel, Alfred !
- Votre sommeil vous a fait perdre du temps précieux alors je vous aide à vous rattraper. Je ne vous gâte pas tant que ça Monsieur . »

Il cligna d'un œil et s'en alla continuer ce qu'il était en train de faire. Bruce s'amusa de ce qu'avait dit son majordome et se dirigea vers la salle de bain. Avant de sortir de sa chambre il jeta un coup d'oeil sur son armure resplendissante et brillante, lavée avec soin par Alfred. Il s'écrivit une note mentale dans laquelle il disait devoir remercier le majordome.
Arrivé dans la salle de bain, il trouva un plateau posé sur une délicate tablette en bois précieux. Sur celle-ci étaient posés une part de cheese cake aux fruits rouges avec un jus d'orange sanguine et un café noir. Il s'installa lentement dans la baignoire bordée de marbre remplie d'eau chaude et regarda son entre jambe sous la tablette. Rien. Son membre ne lui faisait plus mal et s'était arrêté de montrer outrageusement son désir. Wayne était soulagé. Le gâteau suintait à cause de la vapeur du bain. Il prit la fourchette et l'enfonça dans la pâtisserie blanche qui s'écrasa sous le lourd métal. La crème empiéta sur le coulis de fruits rouges et la fourchette s'écrasa à nouveau dans le gâteau. Ce fut au tour du verre couleur sang de s'alléger puis au café corsé.
Après cela, Bruce déplaça la tablette et se toiletta rapidement. Il n'aimait pas rester des heures à se pomponner. Il était toujours parfaitement propre et apprêté en peu de temps. Il sortit de son bain et se rasa. Il se demandait justement si le Joker faisait de même ou s'il n'avait pas de barbe. Lorsqu'il se rendit compte de ce à quoi il était en train de penser il se coupa maladroitement. Il jura en s'essuyant la coulure pourpre et continua de s'entretenir.
Une fois prêt il alla rejoindre son majordome dans le salon .

« - Je sais comment arrêter le Joker . »

Son air sérieux et ses doigts croisés inquiétèrent le majordome.

« - Comment Monsieur ? Que voulez-vous dire ? 
- Je ne peux pas vous en parler, Alfred. Mais je suis presque sûr que cela arrêtera ce jeu.
- Je vous fait entièrement confiance Maître. Faites simplement attention à vous. Un visage abimé n'est pas digne de la lignée Wayne. »

Bruce Wayne sourit et pensa à le remercier pour son armure reluisante. Il devait réfléchir à un endroit où retrouver le Joker ce soir. Il ne savait pas où commencer à chercher. Le Joker ne se laisserait pas trouver si facilement.



* * * * *

Une fois la nuit tombée, il décida de retourner au hangar dans l'espoir de trouver des traces ou des indices sur la fuite des criminels. Cela aurait pu l'aider à pister son ennemi.
Il arriva discrètement à destination. Le hangar était encore ouvert et il entra donc comme une ombre dans le bâtiment. À sa grande surprise, le hangar s'illumina. Les néons s'allumèrent en claquant et clignotant, aveuglant pour quelques secondes l'homme en noir. Une fois ses yeux habitués au changement, il posa son regard sur un large canapé accompagné d'une table de nuit et d'une lampe de chevet. Batman fronça ses sourcils sous son masque et avança prudemment vers le lit d’appoint. De derrière le canapé surgit une ombre fine et élancée. L'ombre prit rapidement la couleur et la forme d'un Joker souriant. Batman s'étonna de le revoir ici.

« -Je ne pensais te voir si tôt, je n'ai pas eu le temps de tout préparer... hehe... »

Batman grimaça et baissa les yeux.

« -Je veux t'empêcher de blesser des gens, Joker . »

Les yeux du Joker s'illuminèrent et attendaient de voir à nouveau les lèvres de l'archange se mouvoir.

« - Si je fais ce que tu veux, tu ne mettras plus personne en danger. »

Le clown s'émoustillait à ces paroles. Il trépignait d'impatience. Il sauta par dessus le grand canapé et se retrouva en face de son grand amour. Il regardait les yeux cyans et tristes de l'homme chauve-souris. Il s'approcha plus près encore et devina les joues de son Batou rosir. Batman se battait encore avec ses sentiments mais se cachait derrière son devoir de protecteur. Le Joker lui caressa la joue en se léchant les lèvres :

« - Tu es à moi, rien qu'à moi à présent ? »

Le millionnaire rejeta sa caresse et répondit :

«  - Vas donc droit au but. »

Le fou pris les mains tremblantes de son adversaire et tira un des gants vers lui.

« - Non, ni les gants, ni le masque. 
- Très bien très bien, il m'en faudra plus pour gagner ta confiance Batsy-chou... »

Il laissa, comme ordonné plus tôt, le gant et sépara un des doigts du reste de la main. Batman serrait les dents à s'en faire mal à la mâchoire tandis que le clown vert englobait son doigt dans sa bouche chaude. Batman ne pouvait détourner son regard et le tiraillement avait recommencé à se faire sentir. Il observait le Joker qui s'appliquait à faire glisser son doigt épais dans sa bouche et la salive qui restait sur son doigt après des passages répétés.
Le Joker fou s'arrêta en souriant et porta ses lèvres à celles du chevalier. Ce dernier se retenait difficilement et s'autorisa à l'embrasser comme il se devait .
À part eux deux, qui l'aurait su de toute façon ?Leurs deux langues s'enroulèrent l'une autour de l'autre, leurs corps se rapprochèrent à ne plus en pouvoir respirer, leurs nez s'écrasèrent l'un contre l'autre. Ce baiser brisa les chaînes de notre cher cavalier. Il ne put se retenir et attrapa la tête du fou entre ses mains et l'embrassa de plus belle. Leurs dents s'entrechoquèrent et les yeux écarquillés du Joker en disaient long sur son état d'esprit.
Il jeta son tendre ennemi sur le canapé orange et déboutonna sa chemise sans tendresse. Sa voix rauque et sèche laissa sortir tant bien que mal un soupir, la gorge nouée de plaisir, suivit d'un :
« - Je ne savait pas que les fous pouvaient rougir »

En effet, l'initiative de Batman avait surpris mais enchanté le dit-fou.

- Seulement quand le Batman a envie de lui.   répondit-il sarcastiquement.

L'homme de la nuit le gifla pour son impertinence avant de l'embrasser fougueusement à nouveau.

- La ferme, bouffon. »

Il essaya de penser à sa mission mais la seule qui retenait son attention était la langue qui remplissait sa bouche étriquée dans son masque. Il se redressa et enleva sa combinaison, gardant gants et masque, ainsi que chaussettes. Il essaya de ne pas penser au risible de la chose et ce fut chose faite quand le Joker posa ses lèvres dans son cou. Quelle sensation... Quelle douceur malgré ces dents serrées autour de sa peau épaisse...

« Pardonne moi, ma femme, mais je le désire plus que tout au monde... » pensa-t-il.


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