lundi 21 septembre 2015

Chapitre 5

 Les deux corps allongés sur le vieux canapé de cuir orange vibraient l'un contre l'autre. Seules leurs lèvres avaient à ce moment l'épaisse barrière qui protégeait l'ego de Batman. Mais bientôt toutes ses autres barrières auraient été brisées par les doigts fins et musclés du charmant psychopathe.
Le Joker savait se faire obéir sans même donner d'ordres. Malgré les apparences, c'était lui qui menait la danse.

« - Où éteint-on la lumière ? » dit brusquement Batman.
«  - Batsy-chou est timide ou ne veut pas voir l'horrible visage du monstre que je suis ? »

Le grand homme musclé fut malgré lui attendri par ces mots. Il ne laissa pour autant rien transparaître et rétorqua :

«  - Je ne veux juste pas attirer l'attention de tout Gotham . »

En réalité, il était réellement gêné que le Joker le voit dans une telle position. Les boucles du fou s'agitèrent lorsqu'il sautilla pour éteindre les grands néons du hangar, à moitié nu. Il revint derrière le canapé pour voir Batman allongé. Il passa au dessus du meuble, faisant grincer le cuir et finissant assis sur son homme. Batman lui attrapa la gorge et le tira vers lui pour l'embrasser à nouveau. Les boucles verdâtres tombaient dans les yeux de Batman. Le clown fit descendre ses baisers jusqu’à la clavicule de son partenaire. Ses mains parcouraient le reste du corps musclés en laissant des traces de griffures rosées. Batman se tordait sous les dents affilées du Joker et sous ses griffes jaunâtres. Le Joker descendit encore plus bas et mordilla une hanche bien apparente. Batman passait ses doigts dans les cheveux gras du clown et lui massait en rythme le cuir chevelu. Il n'en pouvait plus d'attendre. Le Joker prit enfin « les choses » en main. Le chevalier noir gémit en sentant son membre enfin touché. Il grogna presque lorsqu'il le sentit se faire engloutir profondément. Il ne put s'empêcher d’accélérer le processus en pressant la tête du Joker contre son bassin tandis que son bassin lui même se soulevait du canapé. Le maquillage rouge fondait sur le membre qui pénétrait cette bouche avec outrance. Ses boucles s'entremêlaient dans les doigts qui les tiraient. Lorsque Batman sentit qu'il allait finir, il jeta le Joker par terre :

«  Mhm mon Batou tu es si délicat... »

L'étalon noir le mis sur le canapé, dos à lui, les mains posées sur le dossier et les jambes pliées. Il enfonça un doigt dans la bouche du clown qui s'esclaffait et pénétra le corps fin du Joker sans préparation. Le Joker releva la tête de douleur et de plaisir. Ils gémissaient comme des animaux. Batman faisait claquer son bassin sur les fesses du Joker. Le canapé désormais humide bringuebalait autant que le pauvre corps du Joker.

« Détruits-moi Batman ! »

à ces paroles il accéléra la cadence en masturbant l'heureux fou. Leur sueur coulait à grosses gouttes sur le vieux cuir malmené. Le Batman rugissait en sentant son pénis qui s'emboîtait à merveille dans son corps hôte. Il se senti faiblir et agrippa les hanches du Joker qui enfonçait ses ongles dans le cuir orange. Batman allait finir.
Il appuya sur le dos du clown pour qu'il se cambre afin de pénétrer encore plus profondément en lui. Leurs corps qui s'entrechoquaient résonnaient dans le hangar sombre. L'étalon noir chevauchait son partenaire avec violence. Il poussa un dernier rugissement en pressant son pubis une dernière fois sur l'échine du Joker. Ce dernier jouit de même en souillant les mains du protecteur nocturne ainsi que le vieux canapé.
Lorsque Batman se retira, un peu de sang coulait sur les cuisses du Joker. Il le retourna et l'embrassa pour se faire pardonner.
«  - Qu'est-ce que tu en as pensé petit Batbat ? » dit le Joker en se posant dans les bras de son cher Batou. Il ne répondit rien et s'essuya le sperme qu'il avait sur les cuisses.

«  - Ne me dit pas que ce ne t'as pas plus. Mon derrière est tout boursouflé ! » En disant ces mots il remua ses fesses en ricanant.

Batman rougit sous son masque noir mais repensa à sa mission.

«  - Tu as eu ce que tu voulais. Laisse moi partir à présent . »

Le Joker s'assit sur les genoux de son homme et inscrivit un sourire terrifiant sur son visage.

« - J'ai dit que le Batman devait m'appartenir. Et si tu ne m'appartiens pas à cent pour cent pour toujours... »

Il mima des explosions avec ses doigts ainsi que des gens qui courent en faisant des bruitages cartoonesques. Batman se releva, étourdit et énervé. Son orgasme lui avait donné des acouphènes et ses jambes tremblaient. Il se rhabilla en hurlant sur le Joker :

« Je t'ai donné ce que tu voulais. Tu t'en contenteras ! »

Le Joker, assis, souriait en penchant la tête sur le côté.

« - Je ne t'en veux pas. Si tu veux me voir... »

Il lui tendit un papier et se rhabilla. Il partit à grandes enjambées douloureuses et Batman rentra chez lui.


Bien sûr que c'était la dernière fois, il en était sûr...

Chapitre 4

 Le réveil sonna, illuminant la chambre sombre de lumière rouge et résonnant dans le crâne de Bruce Wayne. Il arrêta le son strident d'un coup sec et tourna la tête les yeux plissés. Neuf heures. Il avait mis son réveil à sept heures mais Alfred lui avait visiblement imposé quelques heures de sommeil en plus. Celui-ci frappait justement à la porte. Monsieur Wayne le fit entrer et le salua :

« - Merci Alfred, vous ne devriez pas me gâter autant .
- Il vous faut être reposé pour bien faire votre travail, Master. »

Le majordome avait une chemise particulièrement brillante et sa montre à gousset éblouissait l'homme de la nuit.
«- Je vous ai préparé votre petit-déjeuner dans votre bain, Monsieur. 
- Dans mon bain ? C'est un lieu peu conventionnel, Alfred !
- Votre sommeil vous a fait perdre du temps précieux alors je vous aide à vous rattraper. Je ne vous gâte pas tant que ça Monsieur . »

Il cligna d'un œil et s'en alla continuer ce qu'il était en train de faire. Bruce s'amusa de ce qu'avait dit son majordome et se dirigea vers la salle de bain. Avant de sortir de sa chambre il jeta un coup d'oeil sur son armure resplendissante et brillante, lavée avec soin par Alfred. Il s'écrivit une note mentale dans laquelle il disait devoir remercier le majordome.
Arrivé dans la salle de bain, il trouva un plateau posé sur une délicate tablette en bois précieux. Sur celle-ci étaient posés une part de cheese cake aux fruits rouges avec un jus d'orange sanguine et un café noir. Il s'installa lentement dans la baignoire bordée de marbre remplie d'eau chaude et regarda son entre jambe sous la tablette. Rien. Son membre ne lui faisait plus mal et s'était arrêté de montrer outrageusement son désir. Wayne était soulagé. Le gâteau suintait à cause de la vapeur du bain. Il prit la fourchette et l'enfonça dans la pâtisserie blanche qui s'écrasa sous le lourd métal. La crème empiéta sur le coulis de fruits rouges et la fourchette s'écrasa à nouveau dans le gâteau. Ce fut au tour du verre couleur sang de s'alléger puis au café corsé.
Après cela, Bruce déplaça la tablette et se toiletta rapidement. Il n'aimait pas rester des heures à se pomponner. Il était toujours parfaitement propre et apprêté en peu de temps. Il sortit de son bain et se rasa. Il se demandait justement si le Joker faisait de même ou s'il n'avait pas de barbe. Lorsqu'il se rendit compte de ce à quoi il était en train de penser il se coupa maladroitement. Il jura en s'essuyant la coulure pourpre et continua de s'entretenir.
Une fois prêt il alla rejoindre son majordome dans le salon .

« - Je sais comment arrêter le Joker . »

Son air sérieux et ses doigts croisés inquiétèrent le majordome.

« - Comment Monsieur ? Que voulez-vous dire ? 
- Je ne peux pas vous en parler, Alfred. Mais je suis presque sûr que cela arrêtera ce jeu.
- Je vous fait entièrement confiance Maître. Faites simplement attention à vous. Un visage abimé n'est pas digne de la lignée Wayne. »

Bruce Wayne sourit et pensa à le remercier pour son armure reluisante. Il devait réfléchir à un endroit où retrouver le Joker ce soir. Il ne savait pas où commencer à chercher. Le Joker ne se laisserait pas trouver si facilement.



* * * * *

Une fois la nuit tombée, il décida de retourner au hangar dans l'espoir de trouver des traces ou des indices sur la fuite des criminels. Cela aurait pu l'aider à pister son ennemi.
Il arriva discrètement à destination. Le hangar était encore ouvert et il entra donc comme une ombre dans le bâtiment. À sa grande surprise, le hangar s'illumina. Les néons s'allumèrent en claquant et clignotant, aveuglant pour quelques secondes l'homme en noir. Une fois ses yeux habitués au changement, il posa son regard sur un large canapé accompagné d'une table de nuit et d'une lampe de chevet. Batman fronça ses sourcils sous son masque et avança prudemment vers le lit d’appoint. De derrière le canapé surgit une ombre fine et élancée. L'ombre prit rapidement la couleur et la forme d'un Joker souriant. Batman s'étonna de le revoir ici.

« -Je ne pensais te voir si tôt, je n'ai pas eu le temps de tout préparer... hehe... »

Batman grimaça et baissa les yeux.

« -Je veux t'empêcher de blesser des gens, Joker . »

Les yeux du Joker s'illuminèrent et attendaient de voir à nouveau les lèvres de l'archange se mouvoir.

« - Si je fais ce que tu veux, tu ne mettras plus personne en danger. »

Le clown s'émoustillait à ces paroles. Il trépignait d'impatience. Il sauta par dessus le grand canapé et se retrouva en face de son grand amour. Il regardait les yeux cyans et tristes de l'homme chauve-souris. Il s'approcha plus près encore et devina les joues de son Batou rosir. Batman se battait encore avec ses sentiments mais se cachait derrière son devoir de protecteur. Le Joker lui caressa la joue en se léchant les lèvres :

« - Tu es à moi, rien qu'à moi à présent ? »

Le millionnaire rejeta sa caresse et répondit :

«  - Vas donc droit au but. »

Le fou pris les mains tremblantes de son adversaire et tira un des gants vers lui.

« - Non, ni les gants, ni le masque. 
- Très bien très bien, il m'en faudra plus pour gagner ta confiance Batsy-chou... »

Il laissa, comme ordonné plus tôt, le gant et sépara un des doigts du reste de la main. Batman serrait les dents à s'en faire mal à la mâchoire tandis que le clown vert englobait son doigt dans sa bouche chaude. Batman ne pouvait détourner son regard et le tiraillement avait recommencé à se faire sentir. Il observait le Joker qui s'appliquait à faire glisser son doigt épais dans sa bouche et la salive qui restait sur son doigt après des passages répétés.
Le Joker fou s'arrêta en souriant et porta ses lèvres à celles du chevalier. Ce dernier se retenait difficilement et s'autorisa à l'embrasser comme il se devait .
À part eux deux, qui l'aurait su de toute façon ?Leurs deux langues s'enroulèrent l'une autour de l'autre, leurs corps se rapprochèrent à ne plus en pouvoir respirer, leurs nez s'écrasèrent l'un contre l'autre. Ce baiser brisa les chaînes de notre cher cavalier. Il ne put se retenir et attrapa la tête du fou entre ses mains et l'embrassa de plus belle. Leurs dents s'entrechoquèrent et les yeux écarquillés du Joker en disaient long sur son état d'esprit.
Il jeta son tendre ennemi sur le canapé orange et déboutonna sa chemise sans tendresse. Sa voix rauque et sèche laissa sortir tant bien que mal un soupir, la gorge nouée de plaisir, suivit d'un :
« - Je ne savait pas que les fous pouvaient rougir »

En effet, l'initiative de Batman avait surpris mais enchanté le dit-fou.

- Seulement quand le Batman a envie de lui.   répondit-il sarcastiquement.

L'homme de la nuit le gifla pour son impertinence avant de l'embrasser fougueusement à nouveau.

- La ferme, bouffon. »

Il essaya de penser à sa mission mais la seule qui retenait son attention était la langue qui remplissait sa bouche étriquée dans son masque. Il se redressa et enleva sa combinaison, gardant gants et masque, ainsi que chaussettes. Il essaya de ne pas penser au risible de la chose et ce fut chose faite quand le Joker posa ses lèvres dans son cou. Quelle sensation... Quelle douceur malgré ces dents serrées autour de sa peau épaisse...

« Pardonne moi, ma femme, mais je le désire plus que tout au monde... » pensa-t-il.